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L’audit du futur

20/10/2019
Tel est le thème d'une conférence de la CRCC de Paris, en lien avec l'Intelligence artificielle et la Data & Analytics qui vont transformer les missions du commissaire aux comptes. La « Matinale » de la Compagnie régionale des commissaires aux comptes de Paris autour du thème « L’audit du futur – Comment les nouvelles technologies vont bouleverser l’audit contractuel et légal ? » a eu lieu le mardi 8 octobre dernier. Ses principaux enseignements sont les suivants.

Audit et analyse de données volumineuses

L’analyse de données lors des travaux d’audit est, dans son approche « traditionnelle » ou « classique », principalement basée sur la technique des sondages et segmentée par cycles, imposant des manipulations souvent répétitives et chronophages. Certains praticiens estiment ainsi que 50 % des tâches d’audit pourraient être automatisées. Or, dans un contexte, à la fois, de changement comportemental des ressources humaines (les générations X, Y et Z, friandes de nouvelles technologies, acceptent d’autant plus mal d’effectuer des tâches routinières), de turnover accru des équipes de collaborateurs d’audit, mais aussi de pression sur les honoraires, cette approche est de moins en moins tenable pour les cabinets d’audit.

Les nouvelles ressources techniques à disposition du commissaire aux comptes

Pour résoudre cette problématique, l’audit du futur devra vraisemblablement abandonner la logique des sondages pour se consacrer dorénavant à une recherche exhaustive des transactions, donnant ensuite lieu à une analyse des transactions identifiées comme à risques. L'objectif poursuivi est de comprendre comment l’information est codée et tracée dans tous les systèmes de l’entité auditée, en particulier dans les systèmes de contrôle qu’elle utilise. Compte tenu des volumes parfois extrêmement élevés de données à traiter pour prendre en compte l’ensemble des flux générés par les différentes activités (business units) des entreprises, il faut pouvoir disposer d’outils performants mais aussi accessibles et, autant que faire se peut, simples d’utilisation. Ceci est rendu possible grâce aux nouvelles technologies liées à l’intelligence artificielle/IA, notamment le machine learning (en anglais littéralement « apprentissage machine »), c’est-à-dire l’apprentissage automatique, champ d'étude de l’IA qui se fonde sur des approches statistiques pour donner aux ordinateurs la capacité d' « apprendre » à partir de données. La Data & Analytics (D&A), qui aboutit finalement à mettre encore plus d’intelligence dans les analyses de données, devient ainsi incontournable dans les cabinets d’audit, dans le développement des futures missions et même… dès à présent. Aujourd’hui, les outils d’IA disponibles permettent l’analyse de données dites « structurées » mais, dans un futur très proche, des outils de nouvelle génération permettront également l’analyse de données non structurées (tels que les contrats, etc.).

Accroître encore la valeur ajoutée apportée aux clients

L’ambition de ces nouvelles technologies est finalement de proposer, au-delà de l’analyse de données descriptives (qui répondent à la question « Que s’est-il passé ? ») et de données « de diagnostic » (qui répondent à la question « Pourquoi cela s’est-il passé ainsi ? »), une analyse de données prédictives (qui, elles, répondent à la question « Que pourrait-il se passer à l’avenir ? »). Car cette dernière accroît de manière significative la valeur des missions d’audit. Idéalement, l’utilisation de ces nouvelles technologies est alors synonyme à la fois de gain de temps pour les équipes, voire d’aide à leur fidélisation puisque les collaborateurs peuvent ainsi se consacrer à des tâches jugées plus valorisantes et, surtout, de valeur ajoutée pour les clients.

D&A et honoraires

Les apports de ces nouvelles approches en termes de finesse et de pertinence accrues des analyses d’audit et, corrélativement, de valeur ajoutée pour les entités auditées expliquent pourquoi, en pratique, cette évolution des modalités de travaux d'audit n’est généralement pas synonyme d’une baisse des honoraires.

Questionnements et évolutions à venir

Il paraît important de noter qu’en pratique, ces nouveaux outils peuvent malheureusement aussi, dans un premier temps en tout cas, quelque peu compliquer la tâche des auditeurs. Pourquoi ? parce que ces puissants outils d’analyse des données permettent de remonter de potentielles anomalies généralement en plus grand nombre que les techniques classiques de sondages. Des travaux d’investigation plus poussés sont alors à multiplier car, à l’heure actuelle, les normes d’exercice professionnel ne donnent pas de « mode d’emploi » spécifique en termes d’utilisation des résultats obtenus grâce à ces nouveaux outils liés à l’IA (par exemple, sera-t-il possible, lors des travaux d’audit, de ne se consacrer qu’aux transactions identifiées comme « à risques » par ces outils ?). Un second sujet à traiter est la question de l’accès aux données des entités auditées. Certaines sont, en effet, réticentes sur ce point, pour des raisons de confidentialité ou de cybersécurité par exemple. Cela limite d’emblée l’amplitude et/ou le champ d’intervention du commissaire aux comptes et donc la valeur ajoutée attendue des nouvelles méthodes d’investigation qu’il aura développées, au sein de son cabinet, en lien avec la D&A et plus généralement à l’IA. Une évolution des normes d'exercice professionnel pour prendre en compte ces problématiques est donc sans doute à attendre dans le futur. CRCC de Paris, Matinale du 8 octobre 2019 « L’audit du futuR — Comment les nouvelles technologies vont bouleverser l’audit contractuel et légal ? », avec les interventions de Romain Badé, fondateur de la start-up IAudit, Frédéric Burband, vice-président de la CRCC de Paris ; Eléonore Caiveau-Partula, lauréate du meilleur mémoire sur l’analyse de la Data dans l’audit, Hervé Gbego, président de la commission Innovation et performance de l’Ordre des experts-comptables Paris Île-de-France, Fabrice Laurence, directeur général et Mathilde David, chef de projet chez CaseWare Analytics France

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